Vie professionnelle

Approvisionnement des supermarchés

Les enseignes s’adaptent à la situation

Publié le 25/04/2020 | par Cécile Hans

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L'achat local est un acte solidaire, d'autant plus pendant la crise.
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Le rayon fruits et légumes connait une forte croissance, tout comme la viande.
Ilona Bonjean
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Les services à la découpe de charcuteries et de fromages sont boudés par les consommateurs.
Ilona Bonjean

En cette période de confinement, les commerces alimentaires mettent en avant les productions françaises. Rien de neuf selon Benoît Carrez, directeur de l’Intermarché de Colmar, Nicolas André, directeur de l’Hyper U de Colmar et Michel Biero, directeur exécutif achats et marketing chez Lidl France.

Comment fonctionne l’approvisionnement en produits frais de votre magasin en temps habituel ?

Benoît Carrez, Intermarché : « Notre philosophie est de privilégier d’abord les produits français, via notre centrale d’achat nationale, ensuite la production régionale (centrale d’achat régionale) quand elle est disponible. À côté de cela, nous avons des dizaines de fournisseurs locaux, tant agriculteurs qu’entreprises agroalimentaires, avec lesquels nous travaillons en direct. »

Nicolas André, Hyper U : « Le travail avec les producteurs locaux fait partie de notre ADN. Plus de 20 % de notre approvisionnement provient de producteurs locaux avec lesquels nous travaillons directement. »

Michel Biero, Lidl France : « Notre système d’achat est centralisé pour nos 1 500 magasins en France. Depuis une dizaine d’années, nous avons décidé de tout miser sur le « made in France », c’est-à-dire que nous proposons des fruits et légumes français dès que cela est possible en fonction de la saison et des volumes. L’Alsace est un bassin de production important, ce qui nous permet d’avoir en rayon environ deux tiers de produits locaux dans les soixante magasins que compte le territoire. C’est l’une des proportions les plus fortes de France. »

 

 

Qu’est-ce qui a changé depuis le début du confinement en termes d’approvisionnement ?

Benoît Carrez, Intermarché : « Notre centrale régionale se fait l’écho de producteurs ayant du stock et on se met en contact pour écouler le produit. Lorsqu’ils ont un sur-stock, nous faisons en sorte d’écouler leurs marchandises. Notre magasin est aussi inscrit sur la plateforme www.jaidelesproducteurslocaux.fr. Je ne crois pas qu’un producteur haut-rhinois y soit référencé pour le moment. Mais si cela vous intéresse, mon adresse figure sur ce site pour pouvoir me contacter directement. D’une manière générale, l’enseigne invite les PME à entrer en contact avec nous. Le rayon des fruits et légumes est en forte progression depuis le début du confinement. Nous avons d’ailleurs du mal à nous approvisionner pour certains produits. »

Nicolas André, Hyper U : « L’enseigne a invité les producteurs à se rapprocher du magasin le plus proche de chez eux. Nous avons répondu à l’appel de deux maraîchers, un pépiniériste, un producteur de miel, un autre de viande… Nous travaillions déjà avec le Moulin Peterschmitt de Niederhergheim, pour notre boulangerie. Désormais, nous proposons la vente de sa farine dans le magasin. La dernière opération en date est la vente des tulipes d’un horticulteur. »

Michel Biero, Lidl France : « Le rayon fruits et légumes enregistre une progression de 30 % en moyenne dans nos magasins (+70% certaines semaines). C’est impressionnant. Les pics de consommation sont irrationnels et difficiles à prévoir. On m’appelle tous les jours pour écouler des produits en manque de débouchés. Notre organisation centralisée permet de répondre à certaines demandes. En 24 heures, nous pouvons lancer une campagne publicitaire (journaux et radio) et liquider la marchandise en un week-end. Nous avons, par exemple, vendu soixante palettes de radis de la ferme Maurer à Dorlisheim. »

 

 

Quelle est votre politique en termes de prix ?

Benoît Carrez, Intermarché : « Le producteur me donne son prix, je ne négocie pas, comme c’est le cas toute l’année. Lorsqu’il y a sur-stock, on vend soit à prix coûtant ou avec une marge réduite. Ensuite, nous affichons « soutien à la production régionale » et nous mettons le produit en valeur à l’entrée du magasin. »

Nicolas André, Hyper U : « Chez U, en temps normal, c’est le responsable du magasin qui fixe les prix. Mais il existe un système de crise qui s’applique à tous : lorsqu’un produit est en surproduction, nous limitons nos marges. C’est ce qui se passe actuellement. Selon les semaines, cette politique s’applique à des produits différents. Les prix d’achat des centrales et des producteurs n’ont pas bougé. »

Michel Biero, Lidl France : « Nous sommes présents en France depuis trente ans, nous avons donc établi des relations de confiance avec nos fournisseurs historiques. En cas de surproduction, on met nos marges au plus bas. L’idée n’est pas de faire de l’argent, mais de vendre le produit afin qu’il ne soit pas jeté. »

 

 

 

Cécile Hans

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